Concert et festival : gestion des photographes
Les photographes
En concert il existe, grosso-modo, 3 catégories de photographes :
Accréditation
L'accréditation est l'étape où le photographe se fait connaître de l'organisateur d'un événement. Il est tenu de gérer le nombre de photographes selon la capacité du lieu pour des questions de sécurité. Les photographes de presse sont aussi tenus d'informer les organisateurs de leur venue pour cette même raison. Bien entendu, plus tôt c'est le mieux pour que tout le monde ai le temps de s'organiser.
Capacité d'accueil
On a donc vu qu'il était important, en tout premier lieu, de prévoir la capacité d'accueil des journalistes et photographes. Celle-ci peut-être appréciée selon divers critères dans la conception du lieu de l'événement et de la jauge:
Qui accréditer ?
Le photo-journaliste, dans le cadre de son activité, ne peux se voir refuser l'accès à un événement seulement pour des questions de sécurité du public ou des artistes, ou de capacité d'accueil, en vertu des articles L333-6 et suivants du Code du Sport. Sa demande d'accréditation n'est qu'une formalité pour ne pas débarquer comme un cheveux sur la soupe (certains s'en foutent, ou n'ont pas pu faire autrement).
Les autres, professionnels en priorité, pourront être autorisés à la discrétion des organisateurs.
Certains petits malins voient le bon filon pour s'offrir un ou deux concerts à l'œil de temps en temps, armé d'un compact (ou d'un smartphone). Il est facile d'obtenir un extrait du travail d'un photographe, et beaucoup ont un portfolio sur internet. Plus le travail présenté est bon, plus l'artiste et l'événement seront mis en valeur, et moins on risque d'avoir affaire à un resquilleur (attention aux sites pages persos qui peuvent se révéler être des pages fantômes avec des clichés piqués ailleurs pour crédibiliser la demande).
Note pour ceux qui se lancent dans la photo de concert : ne désespérez pas pour créer votre book, pour vous faire la main il suffit de commencer par des petites salles près de chez vous, souvent moins garnis en photographes et plus enclins à laisser s'exprimer un débutant. Mais je dois vous mettre en garde que c'est un secteur très populaire, et qu'il y a déjà beaucoup de monde qui tentent d'en subsister par la photographie.
Les règles d'usage
En tout premier lieu, et c'est une règle d'Or des photographes de concert, le flash est prohibé. Il est néanmoins bon de le rappeler par l'organisateur dans les conditions de prise de vue, certains peuvent ne pas être au courant.
Ensuite, et c'est avant tout une question de respect du public qui a payé son entrée non pas pour travailler, mais pour apprécier le spectacle. Le photographe aura le devoir d'éviter les bousculades, de ne pas gêner le spectateur dans la vision du concert (ex: scène basse ou au sol, photographe debout entre le groupe et le public) ni dans son appréciation auditive (ex: ratatatatatatatata dans le dernier souffle d'un violon).
Accréditation contre photo
J'ai déjà abordé cette pratique avec un regard éthique, mais j'avais omis de préciser qu'elle n'était pas légale (volontairement afin d'accentuer sur la prise de conscience).
En effet, l'Article L131-1 du Code de la Propriété Intellectuelle stipule que "La cession globale des œuvres futures est nulle". Ce qui veux dire, que même si le photographe a ratifié un accord, dans lequel on lui demande de fournir gracieusement des droits d'exploitation sur les photographies qu'il va réaliser, il n'est néanmoins pas tenu de s'y plier (la clause est réputée non-écrite).
Droit à l'image des personnes en représentation
La jurisprudence considère que les artistes, dans le cadre de leurs activités professionnelles, donnent leurs autorisations tacite pour la diffusion.
Cette autorisation est néanmoins limité à des activités artistiques ou d'information de la part du photographe, et il n'est pas possible, pour l'auteur, de fournir ces droits à un tiers pour une activité commerciale ou de communication publicitaire.
Dans le cas d'un tiers, souhaitant reproduire une photographie dans un dépliant publicitaire, il aura obtenu, dans le cadre d'un partenariat par exemple, les droits d'associer l'image des personnes sur les photos à leur produit, marque ou prestation. Le photographe, de par ses droits patrimoniaux sur ses clichés, devra autoriser par écrit l'exploitation de sa photographie, y définir les limites précises. Il en va de même dans le cas où un artiste - lui-même ou ses représentants - souhaitent diffuser ou reproduire les photographies.
Droit de courte citation et droit d'expression
Le droit de courte citation autorise la diffusion d'extraits d'un spectacle. Ce droit permet la diffusion, mais la liberté d'expression préserve le droit de choisir quel moment diffuser en extraits. Or, les photographes se voient parfois limités à la prise de vues aux 3 premiers morceaux d'un set (des fois moins), ou même se voient obligés de faire valider photos et diffusions (donc contraire à ces deux droits).
En y réfléchissant bien, je n'ai jamais vraiment compris cette règle des 3 premiers morceaux…
C'est quoi le mieux ? Tous les photographes qui s'agitent d'un coup, obligés de shooter frénétiquement dans une période plus courte, à chaque fois qu'un plan peux leur sembler bon ? Ou qu'ils défilent plus tranquillement, prenant le temps pour faire les bonnes images, de trouver les moments qui font qu'un concert est toujours différent du précédent ?
De plus, appliquée systématiquement sur un festival, la règle des 3 premiers morceaux peux rendre les choses très difficiles si 2 scènes démarrent en même temps (ou à l'autre bout du site du festival).
Vous remarquerez aussi que je fait bien le distingo entre la diffusion de l'image de l'artiste, le droit de courte citation et l'accès au lieu de l'événement, car ce sont bien deux choses différentes : l'image d'un côté et sa diffusion, tacite mais limitée, et de l'autre l'accès au lieu au professionnels et photographes autorisés, du ressort de l'organisateur.
Il est d'ailleurs courrant que les contrats entre les organisateurs et le fournisseur du spectacle incluent une clause interdisant les appareils photos lors de la représentation (qui ne touche pas les journalistes encore une fois). Mais je ne pourrais pas vraiment dire si ce point ne fait pas entrave à la Liberté d'expression…
Heu… attends, j'ai bien lu Code du Sport ?
En fait, d'après l'article 20-4 de la loi n° 86-1067 du 30 septembre 1986 relative à la Liberté de communication, "l'article L333-7 du Code du Sport est applicable aux événements de toute nature qui présentent un grand intérêt pour le public". Cet article confirme donc les droits des photographes professionnels en vertu de l'information.