Clovis Gauzy

Blog d'Auteur Photographe

Lettre ouverte à l'attention des managers et labels de groupes de musique

Il y a environ 2 mois, j'ai découvert qu'un groupe de musique utilisait les 55 photos d'un reportage réalisé lors d'un de leur concert sans mon accord, alors que le manager m'avait garantie qu'aucune utilisation ne serait faite sans mon aval. Frustré de cette découverte, je communiquais alors à ce dernier une note d'auteur majorée avec mise en demeure de règlement sous 60 jours (procédure recommandée par l'Union des Photographes Professionnels à titre d'arrangement à l'amiable avant un éventuel recours en justice pour délit de contrefaçon).
En réponse, le manager ayant laissé place à un juriste du label, on me reprocha d'avoir une utilisation commerciale des photographies, car proposant la réalisation et la vente de tirages originaux sur mon site, action relevant pourtant de la liberté d'expression notamment artistique.

Dans les jours qui ont suivis, j'ai reçu énormément de demandes de managers de gros groupes, m'imposant le retrait de mes photographies sous prétexte d'une utilisation commerciale de celles-ci. Il m'est alors apparue clairement qu'une vendetta avait été orchestré dans le milieu afin de me faire tomber et me griller auprès des labels et organisateurs d'événements…

Toujours dans l'esprit de défendre les droits des photographes, la liberté d'expression artistique, et surtout le droit à ne pas subir de pressions quand nous venons réclamer un règlement légitime pour l'utilisation du fruit de notre travail, voici sous forme de lettre ouverte, mon droit de réponse…


Bonjour,

Suite à une étude plus approfondie des demandes qui m'ont été adressés quand au retrait de photographies de concert sur mon site, il apparaît donc clairement que ces demandes font arbitrairement obstacle à la liberté d'expression artistique, laquelle relève de la liberté de recevoir ou communiquer des idées, ainsi que la liberté d'informer et d'être informé, protégés par :
Étant entendu que la diffusion des photographies de concerts sur mon site servent à l'information légitime du public d'un événement d'actualité au même titre qu'un quotidien régional, une revue musicale, un fanzine ou un webzine, (sans compter que ça joue sur la promotion indirecte des artistes eux-même), qu'elle reflètent de ma vision personnelle, artistique et originale, que ces images ont toujours été réalisés avec autorisation d'une personne représentant les artistes ou des artistes eux-même et avec l'aval du propriétaire des lieux, que je me suis toujours présenté comme photographe free-lance (donc professionnel) et que ces images respectent la dignité humaine, j'ai donc décidé de remettre en ligne sur mon site les photographies qu'on m'avait forcé de retirer, demande auquel j'ai précédemment accédé afin de prendre le temps d'étudier la question.

C'est donc à ce titre, et en vertu du Code la Propriété Intellectuelle, et plus particulièrement des articles L121-2, L122-1 et L131-4, que je me réserve le droit de réaliser des tirages originaux de mes œuvres photographiques, de les exposer et de les vendre, ainsi que de décider qui pourra les utiliser, de définir la porté de chaque diffusion et de demander une contrepartie financière juste, et donc proportionnelle aux revenus générés, ou sur la base des Barème UPP, références tarifaires calculés pour l'équité d'une profession et utilisés par les agences et les tribunaux en cas de conflits.
C'est aussi en vertu de l'article L335-3 du CPI, qui définit de Délit de Contrefaçon toute reproduction, représentation ou diffusion, par quelque moyen que ce soit, d'une oeuvre de l'esprit en violation des droits de l'auteur, que je me réserve la possibilité de proposer une note majorée en fonction du niveau de violation de mes droits moraux et/ou patrimoniaux (voir conditions) avec mise en demeure de règlement sous 60 jours, à titre d'arrangement à l'amiable alternatif à tout recours en justice.

Aussi, veuillez noter :
Maintenant, et de manière plus personnel, je regrette que certaines grosses compagnies censés représenter la Culture et des Artistes, tentent de plus en plus de contrôler l'image de leurs poules aux œufs d'or, au mépris justement de la liberté d'expression d'autrui, en imposant des restrictions de plus en plus proche de la censure, et en ayant recours à certaines pratiques pour soutirer des images gratuitement dans le but de communiquer sur leurs produits…
Ça commence par une limitation des 3 premiers morceaux, qui bien que permettant l'information, ne laisse pas la liberté aux photographes de communiquer sur les moments de leur choix…
Ça continue avec une interdiction aux free-lances d'accéder aux salles et festivals pour réalisés des reportages, sans considération de qualité pour leur travail, et préférer les médias, aussi petits soient-ils (parce que vraiment, y a parfois des webzines qui écrivent que de la merde, font des photos de merdes et sont lus par une poignée de potes, et qui pourtant se voient accrédités sur des événements où des photographes de qualité se voient désormais refuser l'accès)…
Et il arrive même de plus en plus, que certains imposent des contrats aux photographes, où toute photographie doit être validée et où chaque diffusion doit être approuvée ! Si ça c'est pas de la censure purement et simplement, alors c'est quoi…?

Méfiez-vous, car comme le mouvement de contestation éponyme "Votre image, c'est nous" tentait de vous avertir, à force de cracher sur les photographes, de piller leur travail sur leur propre site à grand coup de mépris, de les faire plier devant des exigences rocambolesques, il n'y aura un jour plus personnes pour vous fournir des images de qualité…
Vous travaillez tous les jours avec les droits d'auteurs, vous avez des juristes qui connaissent la loi, vous êtes les premiers à vous défendre quand quelqu'un télécharge ou diffuse les musiques de vos poulains, vous avez même des structures qui vous aident dans cette lute, respectivement l'Hadopi et la Sacem…
Alors arrêtez de vous foutre de nos gueules, nous avons des droits nous aussi, et même si nous n'avons pas la force et les avocats d'une grosse société, nous avons encore la solidarité entre photographes, celle qui, même si j'ai décidé de ne plus couvrir de concerts pour les raisons évoqués ci-dessus, continuera à me pousser à me battre pour le respect de la profession au côté de mes confrères, avec mon utopie, ma grande gueule, mon caractère bien trempé et parfois des actes pas forcément bien calculés…

Heureusement, et pour tempérer mes propos, il existent encore beaucoup d'artistes qui respectent notre travail et que nous pouvons respecter à notre tour, avec qui nous pouvons arriver à des arrangements financiers pour l'utilisation des photos parce qu'ils nous donnent envie de les aider et que nous avons conscience qu'il nous faut travailler main dans la main, pas les uns contre les autres…
Je connais beaucoup de petits groupes, ils sont autoproduits, font un travail souvent largement plus qualitatif que ceux qui ont signés chez les gros labels et pourtant ils tournent suffisamment pour que leur art leur permettent de vivre correctement (correctement ça veux quand même beaucoup dire chichement). Et bien entendu, j'achète leur CD car c'est pour moi la première forme de soutiens envers un artiste auteur-interprète, au même titre que l'achat d'un tirage original est la première forme de soutiens envers un artiste auteur-photographe…

Je ne cite ici aucun nom, ni de manière positive, ni de manière négative, clairement afin d'éviter la diffamation direct ou par élimination… c'est un coup de gueule global et une réponse au défilé de managers et juristes qui ont envahies ma boite email le mois dernier, clairement avertis qu'il y avait un homme à abattre par des personnes qui n'ont pas acceptés se voir réprimander pour une faute commise… Comme je le dit souvent "Ton boulanger, il te le file gratis le pain ? non ? Et tu le fais autant chier que moi pour qu'il casse ses prix ? non ? Bah alors…"

À bon entendeur…